Vers une prédiction des complications post-opératoires dans la maladie de Hirschsprung

06 mai 2021

L’unité Inserm TENS (UMR 1235 Inserm/Université de Nantes), dirigée par Michel Neunlist, en collaboration avec différents services cliniques de chirurgie infantile et pédiatrique du Grand Ouest (Nantes, Angers, Tours, Brest, Poitiers), travaille sur la maladie de Hirschsprung. Ils ont découvert des marqueurs biologiques prédisant différentes complications post-opératoires chez des patients atteints par cette pathologie.

Qu’est-ce que la maladie de Hirschsprung ?

La maladie de Hirschsprung (HSCR) est une maladie rare (1/5000 naissances). Cette pathologie touche le tube digestif et plus particulièrement le côlon. Dans la HSCR, lors du développement embryonnaire, la colonisation du tube digestif par les précurseurs neuronaux et gliaux du système nerveux entérique (SNE) est incomplète. Il en résulte une absence partielle (ou totale) de SNE dans une portion du colon chez les patients HSCR.

Le SNE est impliqué dans le bon fonctionnement du tube digestif, et en particulier du transit. Ce défaut du SNE chez les patients HSCR conduit à une contraction tonique de la portion intestinale touchée. Contraction qui provoque, en général, une occlusion fonctionnelle, ou a minima une constipation sévère, dès les premiers jours de vie.

Quels sont les traitements actuels ?

Le traitement est chirurgical. Il consiste simplement à retirer la portion aganglionnaire (ie dépourvue de SNE) puis à rétablir la continuité intestinale. Si la chirurgie est une réussite, la moitié des patients HSCR présentent des complications post-opératoires dont certaines durent le reste de leur vie. Il existe deux grandes formes :

  • Les entérocolites associées à la maladie de Hirschsprung (HEAC), qui surviennent chez 25% des patients, et sont la première cause de mortalité,
  • Les troubles du transit, notamment les symptômes d’obstruction (OS), qui peuvent apparaitre à long terme après chirurgie.

À l’heure actuelle, ces complications ne peuvent être prédites, principalement par manque de connaissances vis-à-vis des mécanismes à l’origine des pathologies de la motilité intestinale. C’est ce qui a motivé ce travail pilote, conjoint, de l’unité TENS et les centres hospitaliers impliqués. 

Quels sont les résultats de l’étude menée par l’unité TENS et collaborateurs ?

Les équipes sont parvenues à identifier, dès la chirurgie, des marqueurs biologiques permettant de prédire les complications post-opératoires survenues chez les patients HSCR. Ainsi, les équipes ont identifié deux marqueurs :

  • Des changements dans le système nerveux entérique (SNE) spécifiques des patients présentant des OS. Ainsi, une réduction de neurones produisant le monoxyde d’azote existe chez les patients (OS) par rapport aux patients HSCR sans OS.
  • Une différence de perméabilité de la barrière épithéliale intestinale. Ainsi, dès la chirurgie, une augmentation de la perméabilité intestinale est présente chez les patients ayant développé une HEAC, en comparaison de ceux sans HEAC.

Ces découvertes sont à l’origine d’un programme hospitalier de recherche clinique visant à restaurer la perméabilité intestinale et le SNE pour prévenir ces complications dans la maladie de Hirschsprung.  À terme, ces résultats, si confirmés sur des cohortes plus larges, pourraient permettre, non plus seulement de prévoir les complications post-opératoires, mais aussi de réduire les risques d’apparition de celles-ci.

 

Article du magazine n°49 de l'Inserm

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