Une nouvelle piste thérapeutique contre le virus d'Epstein-Barr

29 août 2017

Une collaboration entre l’équipe de Marc Blondel (Inserm UMR1078 à la faculté de médecine & des sciences de la santé de Brest), celle de Robin Fåhraeus (Inserm UMR1162 à l’hôpital St Louis à Paris) et celle de Marie-Paule Teulade-Fichou (CNRS UMR9187-Inserm UMR1196 à l’institut Curie d’Orsay) a conduit à l’identification de la nucléoline comme premier facteur essentiel au mécanisme de furtivité d’EBNA1, une protéine du virus d’Epstein-Barr (EBV) qui est son talon d’Achille car elle est essentielle à la réplication et au maintien de son génome, mais en même temps très antigénique. Ce travail montre également que la nucléoline, via son mode d’action sur la furtivité d’EBNA1, représente une cible thérapeutique pertinente et originale pour dévoiler au système immunitaire les cellules tumorales infectées par EBV.

Lire la publication dans Nature Communications

Le virus d’Epstein-Barr (EBV) est le premier oncovirus découvert chez l’homme. Plus de 90% de la population est infectée par ce gammaherpesvirus qui serait responsable de 1 à 3% des cancers parmi lesquels les lymphomes de Hodgkin et de Burkitt, 10% des cancers gastriques ou encore le carcinome nasopharyngé qui est un des cancers masculins les plus fréquents en Chine et en Tunisie. Comme tous les gammaherpesvirus, EBV est un virus latent qui échappe au système immunitaire. Heureusement, EBV a un talon d’Achille qui est sa « genome maintenance protein » EBNA1. En effet, d’une part EBNA1 est essentielle à la réplication et à la maintenance du génome d’EBV et, de ce fait est exprimée dans toutes les cellules infectées par le virus et, d’autre part, EBNA1 est très antigénique et des cellules T dirigée contre cette protéine sont présentes chez toutes les personnes infectées. Ainsi, pour échapper au système immunitaire, EBV a développé un mécanisme original de limitation de l’expression d’EBNA1 au niveau minimum nécessaire à sa fonction essentielle dans la réplication et la maintenance de son génome, mais suffisamment bas pour échapper au système immunitaire. Une collaboration entre l’équipe de Marc Blondel (Inserm UMR1078 à la faculté de médecine & des sciences de la santé de Brest), celle de Robin Fåhraeus (Inserm UMR1162 à l’hôpital St Louis à Paris) et celle de Marie-Paule Teulade-Fichou (CNRS UMR9187-Inserm UMR1196 à l’institut Curie d’Orsay) a conduit à l’identification de la nucléoline comme premier facteur de la cellule hôte de l’infection nécessaire à ce mécanisme de furtivité d’EBNA1, lui-même à la base de l’échappement d’EBV au système immunitaire (Lista et al, Nature Communications 2017, DOI: 10.1038/ncomms16043). Ce travail décrypte également le mode d’action de la nucléoline dans la furtivité d’EBNA1 et montre que le PhenDC3, une petite molécule active contre le mode d’action de la nucléoline est capable d’interférer avec la capacité d’EBNA1 à échapper au système immunitaire. Ainsi, la nucléoline, via son mode d’action sur la furtivité d’EBNA1, représente une cible thérapeutique pertinente et originale pour dévoiler au système immunitaire les cellules tumorales infectées par EBV. Une demande de brevet sur ce travail vient également d'être déposée par la SATT Grand Ouest.

Légende de la figure : expérience de « proximity ligation assay » montrant que l’ARN messager d’EBNA1 interagit avec la nucléoline et que cette interaction a lieu essentiellement dans le noyau ou dans son immédiate proximité.


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