Le transfert adoptif de lymphocytes T spécifiques de tumeur, new perspective thérapeutique ?

18 octobre 2021

Cette publication reflète bien le long processus nécessaire au développement de nouvelles thérapies : recherche de cibles thérapeutiques, développement technologique puis essai clinique. Cet essai est basé sur une technique de tri des lymphocytes T spécifiques des cellules tumorales (mise au point par le Pr F. Lang) et a été réalisé grâce au concours de différents laboratoires Nantais, et à une collaboration soutenue entre une équipe de recherche, une équipe clinique et une unité de thérapie cellulaire.

Étude menée par l’équipe "Immunosurveillance anti-tumorale et Immunothérapie" du CRCINA (Inserm U1232), dirigée par le Dr Labarrière, en collaboration avec l’équipe du Pr Dréno du CHU de Nantes (Unité de thérapie cellulaire et génétique / Département de dermato-cancérologie).

A quoi sert un essai clinique ?

La recherche s’attache tous les jours à trouver de nouvelles solutions pour traiter diverses pathologies ; c’est le cas, par exemple, des cancers. Avant toute utilisation d’une nouvelle méthode de soins ou d’une nouvelle molécule médicamenteuse, il est nécessaire de tester son efficacité et de vérifier s’il est toléré par les patients. C’est le but d’un essai clinique. Un essai clinique comporte plusieurs phases. Il existe même une phase préliminaire, dite pré-clinique. Chacune d’elles à son rôle propre. Pour en savoir plus  

Qu’est-ce qu’un mélanome ?

Le mélanome est une forme de cancer de la peau parmi les plus dangereuses. Il se traduit par des tumeurs cancéreuses formées via des cellules particulières : les mélanocytes (celles qui donnent la pigmentation à notre peau). On parlera de mélanome métastasique dès lors que le cancer à migrer, ou est réapparu, dans une autre zone de l’organisme, que son emplacement initial. Pour en savoir plus 

Quels sont les traitements actuels ?

Aujourd’hui, on trouve diverses formes de traitements (Pour en savoir plus), par exemple l’utilisation d’inhibiteurs de checkpoints immunitaires (ICIs). Les checkpoints sont des récepteurs (tel que PD-1) présents à la surface des lymphocytes T (LT), capables de détruites les cellules cancéreuses. La liaison des checkpoints avec leur ligand entraîne un blocage de l’activité des LT. Si ce processus existe de façon naturelle, les cellules cancéreuses peuvent aussi exprimer le ligand pour se protéger de l’activité des LT. Les ICIs tentent ainsi de limiter l’interaction entre ligand et checkpoints afin de conserver l’activité des LT. Ce traitement est intéressant, néanmoins, l’efficacité de ces ICIs, utilisés seuls ou en combinaison, est restreinte.

C’est d’ailleurs ce qui a motivé le travail de recherche à l’origine de l’étude menée par les équipes du Dr Nathalie Labarrière et du Pr Brigitte Dréno.

 

Quelle solution innovante est proposée dans cette étude ?

            Le manque d’efficacité des ICIs pourrait être lié au fait qu’ils ne permettent pas, chez certains patients de mobiliser suffisamment les LT spécifiques des cellules tumorales. Ainsi, pour pallier ce problème, les équipes de Nathalie Labarrière et Brigitte Dréno se sont penchées sur une nouvelle méthode appelée « Le transfert adoptif de lymphocytes T spécifiques de tumeur ». Ce type de thérapie avait déjà été utilisée dans le traitement du mélanome et consiste à ré-injecter au patient ses propres LT, après une étape de sélection ou d’enrichissement en LT spécifiques de la tumeur. L’originalité de la méthode utilisée dans le cadre de cet essai clinique de phase I/II, repose d’une part sur la méthode de sélection de ces LT spécifiques, qui a été développée par le Pr F. Lang dans l’équipe de N. Labarrière, et d’autre part sur le choix des antigènes ciblés par ces LT, dont l’un d’entre eux (MELOE-1) est un nouvel antigène particulièrement prometteur découvert également par cette équipe.

 

Ce protocole clinque visait à injecter chez un patient des LT autologues (1)[UdMO1] spécifiques d’antigènes communément exprimés par les cellules de mélanome (MELOE-1 & Melan-A). A partir du sang du patient, un ensemble de cellules, contenant les LT, est récupéré (PBMC). Ces cellules sont mises en présence des antigènes, in vitro, afin de produire une population enrichie en LT spécifiques de ces derniers. Ces LTs sont ensuite triés, récupérés et amplifiés pour obtenir une population uniquement composée des LT d’intérêt. Lors du 30ème jour, le patient reçoit une injection de cette population de LT, avec de faibles doses d’IL-2, favorisant la survie de ces LT chez le patient.

Dans l’étude ce sont finalement 6 patients atteints de mélanomes métastasiques qui ont reçu une injection. Chaque étape du protocole a été soigneusement validée. Suite à l’injection, aucun des patients n’a présenté d’effets secondaires. L’un d’entre eux a même présenté une réponse partielle à ce traitement. L’ensemble de ces données suggèrent que, en combinaison avec les ICIs, le transfert adoptif de lymphocytes T spécifiques de tumeurs, produits selon cette méthode simple et rapide, pourrait représenter une alternative thérapeutique pour les patients porteurs de mélanome métastatiques, réfractaires aux traitements actuels, voire d’autres cancers. Pour lire la publication

 

(1)   – Autologue : une cellule / un organe autologue provient d’un patient et lui est réinjecté / réimplanté par la suite.

 [UdMO1]Ce chiffre correspond à un renvoi ? On ne le trouve pas ailleurs


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